Notre essai Dacia Duster 3 a duré douze jours en avril-mai 2026, sur un parcours mixte de 2 180 km : autoroute A75, départementales du Massif central, pistes forestières en Lozère et une journée complète d’usage familial en banlieue parisienne. Version testée : Duster 3 TCe 130 mild-hybrid 48V, finition Extreme, transmission 4×4, tarif catalogue 24 990 € (source Dacia, mai 2026). La troisième génération adopte la plateforme CMF-B du groupe Renault, partagée avec la Clio et le Captur. Sur le papier, c’est un tournant : le low-cost s’embourgeoise, mais à quel prix ? Nous avons confronté nos relevés à ceux de notre essai du Dacia Duster précédent pour mesurer l’écart concret.

Essai Dacia Duster 3 : ce qui change vraiment côté plateforme
La nouvelle plateforme CMF-B apporte un gain mesurable de rigidité torsionnelle annoncé à 22 % par le bureau d’études Renault (source Argus, mars 2026), ce qui se ressent dans le maintien de cap sur grandes courbes d’autoroute. Le centre de gravité reste haut, c’est un SUV de 1,66 m, mais le roulis est mieux contenu qu’avant. Côté motorisations, le 130 ch mild-hybrid (hybridation légère 48V qui assiste le thermique sans pouvoir rouler en pur électrique) est le bon compromis : assez de couple à bas régime (230 Nm à 1 750 tr/min, données constructeur) pour les relances en charge, sans le surcoût d’un full hybrid.
Notre relevé de consommation sur 2 180 km
Carnet de bord : 6,9 l/100 km moyenne globale, ventilée en 5,8 l/100 km sur 420 km autoroutiers à 120 km/h GPS, 7,4 l/100 km sur les départementales chargées et un pic à 9,1 l/100 km sur la journée 4×4 en sous-bois. L’homologation WLTP donne 6,4 l/100 km en mixte : l’écart de +0,5 l est dans la norme pour un SUV chargé à trois adultes plus bagages. C’est plus que la Hyundai Tucson hybride hybride qui descend sous 6 l/100 km en usage similaire, mais c’est cohérent au regard de l’écart de prix d’environ 8 000 €.
Comportement tout-chemin : la vraie surprise du test
Sur piste, l’angle d’attaque de 31° et la garde au sol de 217 mm (chiffres Dacia confirmés sur fosse) permettent de franchir sans toucher. Le mode Off-Road verrouille la répartition 50/50 jusqu’à 80 km/h et active la descente assistée. Nous avons testé sur une piste forestière classée DFCI en Lozère, par temps humide : le Duster 3 a passé partout là où une Sandero Stepway aurait calé. Ce n’est pas un vrai 4×4 pur et dur (pas de réducteur, pas de blocage de différentiel), mais ça fait largement le travail pour 95 % des usages tout-chemin réels.

Habitacle : la fin du plastique low-cost ?
Pas tout à fait. Dacia conserve des plastiques durs sur le haut de planche et les contre-portes — c’est assumé, c’est la marque. Mais l’agencement est repensé : écran 10,1 pouces de série, climatisation à boutons physiques (un choix que nous applaudissons après des années de tactile capricieux chez la concurrence), volant à méplat et nouveaux tissus recyclés à 23 %. La finition Extreme ajoute des inserts copper qui donnent du caractère sans tomber dans le bling.
Équipement, sécurité, ADAS : où Dacia a rattrapé son retard
L’Euro NCAP (organisme indépendant d’évaluation de la sécurité passive et active des véhicules en Europe) a publié en mars 2026 un score de 3 étoiles pour le Duster 3, contre 0 à 2 étoiles pour son prédécesseur. Sept airbags de série, AEB (freinage automatique d’urgence) avec détection piétons, alerte de franchissement de ligne, assistance vitesse-trafic. Reste qu’on est en deçà des 5 étoiles d’un Hyundai Tucson hybride ou d’un RAV4. Pour la majorité des familles à budget contraint qui consultent notre acheter une voiture neuve en 2026, ce niveau est un saut qualitatif considérable.

Notre verdict après 2 180 km : à qui s’adresse ce Duster 3 ?
Le Duster 3 vise trois profils : les familles rurales qui veulent un vrai polyvalent sans exploser leur budget, les bricoleurs-randonneurs qui ont besoin du 4×4 occasionnel, et les acheteurs urbains lassés du premium à 35 000 €. À 24 990 € en 4×4, il n’a pas d’équivalent direct. Le TCO sur 4 ans / 60 000 km tombe à 0,34 €/km en achat comptant — c’est le ratio le plus serré de la catégorie, devant la hybridation Dacia même non-rechargeable.
Questions fréquentes
Le Dacia Duster 3 est-il vraiment fiable ?
Trop tôt pour conclure définitivement sur ce millésime 2026. Le moteur TCe 130 est éprouvé sur Captur et Clio depuis 2022, avec un retour terrain correct. La mécanique du Duster 2 affichait 89 % de fiabilité à 5 ans selon l’étude Argus 2025, un bon score pour son segment. Nous referons un point d’étape début 2027 avec un Duster 3 en flotte longue durée.
Quelle motorisation choisir pour un usage majoritairement urbain ?
Pour rouler 80 % en ville et 20 % autoroute, nous orientons vers la version Hybrid 140, la full hybrid arrivée mi-2026. Elle descend sous 5 l/100 km en cycle urbain mesuré. Le TCe 130 mild-hybrid de notre essai reste plus pertinent pour ceux qui cumulent autoroute et chemins.
Quel est l’intérêt du 4×4 sur le Duster ?
Le surcoût 4×4 est de 2 000 € face au 4×2 équivalent. Justifié si vous habitez en zone de neige fréquente, si vous tractez régulièrement plus de 1 tonne ou si vous empruntez des chemins boueux plusieurs fois par mois. Pour un usage 100 % asphalte, le 4×2 suffit et consomme 0,4 l/100 km de moins.
Bilan : Dacia a sécurisé son ADN low-cost tout en gagnant en sérieux. Le Duster 3 ne fait plus honte sur autoroute, ses ADAS rattrapent la concurrence et son tarif reste imbattable. Pour ceux qui hésitent entre neuf et occasion, jetez aussi un œil à notre guide acheter une voiture d’occasion.
