L’Opel Mokka a toujours su faire parler de lui. Depuis l’arrivée de sa deuxième génération en 2021, le crossover compact de la marque allemande a radicalement changé de visage — et de philosophie. Fini le design consensuel de la première génération : le Mokka s’affiche désormais avec une personnalité tranchée, un langage stylistique audacieux et une ambition claire de séduire une clientèle urbaine exigeante. Mais est-ce que cette transformation justifie vraiment l’achat ? Nous l’avons mis à l’épreuve sur route parisienne et autoroute, en version essence PureTech 130 boîte automatique. Voici notre verdict complet pour 2026, sans filtre.

Un design qui divise… et c’est fait exprès
Le premier choc, c’est visuel. L’Opel Mokka adopte la signature « Vizor » — une bande noire brillante qui court d’un bout à l’autre du bouclier avant, englobant les phares et la calandre dans un seul bloc monolithique. Le résultat est saisissant : à l’arrêt comme en mouvement, le Mokka ne ressemble à rien d’autre sur le marché. Les optiques à LED en forme de crochets rappellent vaguement certains codes stylistiques asiatiques, mais l’ensemble reste très européen dans sa sobriété. L’arrière est traité avec le même soin : les feux traversants et le becquet intégré donnent une silhouette ramassée et moderne. À côté, Nissan Juke paraît presque classique. Les jantes en alliage 17 ou 18 pouces (selon finition) complètent le tableau avec une touche de sportivité bienvenue. Sur les routes de la région parisienne, nous avons remarqué de nombreux coups d’œil approbateurs. Pour les amateurs de design affirmé, le Mokka coche toutes les cases.
L’intérieur Pure Panel : la technologie comme argument principal
À bord, Opel a misé sur ce qu’ils appellent le « Pure Panel » — deux écrans de 10 pouces juxtaposés qui couvrent l’essentiel du tableau de bord. L’instrumentation numérique se gère via le petit écran gauche, l’infodivertissement via le grand écran droit. Le résultat est propre, épuré, moderne. On apprécie l’absence de boutons physiques superflus, même si on regrette parfois de ne pas trouver de raccourci tactile pour le climatiseur. Le système répond avec fluidité, la cartographie intégrée est précise, la connexion sans fil avec Android Auto et Apple CarPlay fonctionne impeccablement. Les sièges Intelli-Seat en finition GS sont remarquables de maintien latéral, avec un réglage électrique en huit directions disponible dès la finition Elegance. L’espace aux places arrière est en revanche plus limité, avec un plancher légèrement surélevé qui contraint la position des pieds. Le coffre de 350 litres est dans la moyenne du segment — identique à celui du notre avis sur l’Opel Crossland.

Motorisations : essence, diesel ou électrique ?
La gamme moteur du Mokka s’est simplifiée en 2025. On trouve désormais deux blocs essence principaux : le PureTech 100 (boîte manuelle 6 rapports) et le PureTech 130 (boîte automatique 8 rapports), tous deux issus de la coopération Stellantis. Notre version d’essai, le 130 ch automatique, s’est révélée le bon compromis. Les reprises sont franches, la boîte anticipe bien les changements de rapport, et la consommation réelle sur notre parcours mixte s’est établie à 7,1 l/100 km — proche de la valeur WLTP de 6,8 l/100 km. Pour ceux qui veulent aller plus loin dans la transition énergétique, le Mokka Electric propose 136 ch et une autonomie officielle de 406 km (WLTP) grâce à sa batterie de 54 kWh. Nous l’avons essayé brièvement : l’agrément est réel, mais le prix — environ 35 000 euros en finition de base — représente un saut significatif. Si la question essence/hybride vous intéresse, nous vous renvoyons à notre guide pratique.
Comportement routier : confortable ou dynamique ?
Sur la route, le Mokka adopte un compromis typiquement germanique : ferme sans être inconfortable, vif sans être sportif. La direction est précise et bien dosée en résistance, ce qui donne confiance en courbe serrée. Le rayon de braquage, en revanche, est un peu pénalisant en manœuvre urbaine — 10,1 mètres de diamètre de braquage, à surveiller dans les parkings étroits. Le grip aux quatre roues est bon sur sol sec comme humide. Sur autoroute, le Mokka se révèle serein : faible bruit de roulement, bonnes performances à grande vitesse malgré un coefficient de traînée (Cx) de 0,29. L’aide au maintien dans la file de conduite est active dès 70 km/h et fonctionne avec une discrétion appréciable. Au global, on se trouve dans une voiture qui plaît aussi bien à l’urbain pressé qu’au provincial qui compte ses kilomètres hebdomadaires.
Fiabilité et entretien : Opel en 2026, ça tient la route ?
C’est la question que se posent beaucoup de futurs acquéreurs. La réputation d’Opel a souffert dans les années 2010, mais la marque — désormais intégrée au groupe Stellantis — bénéficie de la fiabilité mécanique de l’alliance PSA/Stellantis. Le moteur PureTech 130 est un moteur éprouvé, partagé avec des millions de Peugeot et Citroën. On connaît son talon d’Achille (la chaîne de distribution à huiler régulièrement), mais les versions post-2020 ont bénéficié de corrections mécaniques significatives. La garantie constructeur de 3 ans sans limitation kilométrique reste un argument solide. L’entretien se fait en réseau Opel agréé, avec un contrat d’entretien proposé à environ 39 euros par mois — raisonnable pour un SUV compact de ce standing.

Prix et finitions : ce que vaut réellement l’investissement
L’Opel Mokka démarre à 26 900 euros en finition Edition avec le moteur PureTech 100 manuel. La finition Elegance, plus complète avec le Pure Panel tactile et les aides à la conduite, s’affiche à partir de 29 500 euros. La finition GS Line, la plus sportive, dépasse les 31 000 euros avec l’automatique. Face au Dacia Duster (à partir de 18 500 euros), la différence de prix peut sembler abyssale — mais les deux voitures ne s’adressent pas du tout au même profil d’acheteur. En résumé, si vous cherchez un crossover compact avec un design marqué, une technologie embarquée soignée et un comportement routier sûr, le Mokka mérite sérieusement votre attention. Son seul vrai défaut ? Un coffre et des places arrière un peu en retrait par rapport à la concurrence directe.
Notre verdict : vaut-il l’achat en 2026 ?
L’Opel Mokka est une voiture séduisante, assumée, qui ne cherche pas à plaire à tout le monde — et c’est précisément ce qui la rend attachante. Le Pure Panel impressionne, le comportement est sûr, la finition est en progrès notable par rapport à l’ancienne génération. Si votre budget vous permet de viser la finition Elegance avec la boîte automatique, c’est la combinaison qui offre le meilleur équilibre. Pour une utilisation urbaine quotidienne, avec quelques escapades week-end, l’Opel Mokka est un excellent choix en 2026. Note globale : 8/10.
